Projection du film “On nous appelait Beurettes” à Argenteuil

Dans le cadre du Grenelle des Violences Conjugales j’ai tenu à ce que nous puissions organiser un temps d’échange avec les habitantes et les habitants, en mettant en lumière la situation particulière des femmes issues de l’immigration.

Je suis donc ravie de vous annoncer qu’une projection du film “On nous appelait Beurettes” suivi d’un temps d’échanges sur les violences administratives est prévue à Argenteuil le 21 novembre prochain, avec la réalisatrice Bouchera Azzouz, l’ATMF et Conjuge.

Informations pratiques

📅jeudi 21 novembre à 14h
📌cinéma Le Figuier Blanc, 16-18 Rue Grégoire Collas, 95100 Argenteuil
🎥entrée à 3,5 euros

Présentation du film “On nous appelait Beurettes”

Source Telerama.


Années 1970, Bobigny. Pour les femmes issues de l’immigration maghrébine, l’adolescence marque la fin de la mixité et de la liberté. Bouchera Azzouz, la réalisatrice de “Nos mères, nos daronnes”, réhabilite leur histoire, qui est aussi la sienne dans un deuxième film intime et générationnel.

Bouchera, 10 ans, joue avec ses copines. Cette fille d’immigrés marocains est une « Beurette ». « C’est comme ça qu’on appelait les filles arabes dans les années 1980,explique la réalisatrice-narratrice. J’ai l’air d’une enfant comme les autres, et pourtant j’ai grandi sans savoir qui j’étais, écartelée entre deux mondes, deux cultures, deux histoires. » Tout démarre pour elle à la cité de l’Amitié, à Bobigny, où elle grandit dans une diversité d’origines et de milieux, autour de valeurs communes. Mais cet idéal du vivre-ensemble va se fracturer avec la crise économique des années 1970. Pour Bouchera et ses amies, l’adolescence rime soudain avec problèmes : certaines sont contraintes d’arrêter leurs études ou d’opter pour des filières professionnelles. La surveillance parentale va conduire à « des drames dans de nombreuses familles » (fugues, mariages forcés, drogue…).

Revisiter l’histoire de l’immigration à travers les parcours de femmes, la réalisatrice avait amorcé cette démarche dans le formidable Nos mères, nos daronnes. Elle s’attache ici à décrypter le combat des filles de la génération suivante, par des vidéos personnelles et des interviews de ses amies Ouardija, Dalila, Mina… Toutes ont souffert de cet impossible positionnement entre la France et le Maghreb. Le film déploie aussi un volet politique, révélant les effets négatifs de la régularisation massive de sans-papiers dès 1981 (qui provoquera l’explosion des demandes en mariage, pour le malheur de nombreuses « Beurettes »). En concluant par un message à sa fille de 13 ans, Bouchera Azzouz passe le flambeau des luttes aux descendantes des « daronnes ». Une transmission qui passe, encore et toujours, par la parole. — Emmanuelle Skyvington

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