Troubles psychiatriques : “sans-abri” rime trop souvent avec “sans soins” !

Aujourd’hui, nous examinions en Commission des Affaires Sociales le rapport de mes collègues députées Martine Wonner et Caroline Fiat, sur l’organisation des soins psychiatriques en France. Des échanges passionnants qui montrent l’importance de faire plus de faire mieux pour accompagner plus efficacement les personnes souffrantes.

1 SDF sur 3 souffre de troubles psychiatriques sévères en Ile-de-France

J’ai tenu à cette occasion à alerter et mettre en lumière la situation particulièrement difficile des personnes sans-abris : on estime qu’1 SDF sur 3 en Ile-de-France est sujet à des troubles psychiatriques sévères. C’est 10 fois plus que la moyenne.

Et aujourd’hui, dans l’énorme majorité des cas, “sans abri” rime aussi avec “sans soins” : plus de 9 sans abri sur 10 qui souffrent de troubles psychiatriques ne sont pas suivis.

L’accès au logement est une condition essentielle au rétablissement

Pour ces personnes, l’accès au logement est une condition souvent essentielle au rétablissement et c’est l’objet de l’initiative « un chez soi d’abord »

Les personnes qui en bénéficient ont accès à un logement ordinaire, et bénéficient d’un accompagnement médico-social global et personnalisé. 

En contre-partie, elles s’engagent à remplir des obligations, comme le paiement d’un loyer, qui les responsabilisent et préparent la voie à une insertion réussie. Au bout de deux ans, le logement peut être mis à leur nom.  

Une action renforcée avec le programme “un chez soi d’abord”

Introduit à titre expérimental en 2011, ce dispositif semble aujourd’hui faire ses preuves. Sur les 700 personnes qui en ont bénéficié, près de 9 sur 10 se sont maintenues dans le logement et se sont rétablies. Ce dispositif prouve par ailleurs son efficacité en déchargeant les centres d’accueil, en réduisant les besoins d’hospitalisation, et aussi les coûts associés. 

La solidarité n’est pas un coût, c’est un investissement. Je me réjouis donc que dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, de nouveaux crédits aient été débloqués pour ce dispositif.

D’ici la fin du quinquennat, le nombre de places disponibles avec « un chez soi d’abord » devrait être porté de 800 à 2 000.

C’est une avancée importante et il faudra poursuivre notre travail sur ce sujet, à travers par exemple un renforcement des équipes mobiles : il est nécessaire d’aller vers ces personnes.

Mon intervention en Commission des Affaires Sociales ce mercredi 18 septembre 2019

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