Violences conjugales : les acteurs du Val d’Oise sont prêts à aller plus loin !

Communiqué de presse – Ce jeudi, la Députée Fiona Lazaar participait à une réunion de travail organisée en préfecture avec les acteurs du territoire mobilisés contre les violences conjugales. Cet événement, placé sous l’égide du comité local d’aide aux victimes, fait partie des plus de 100 « Grenelle locaux » qui seront organisées partout en France d’ici au 25 novembre. A cette occasion, la Députée a pu échanger avec les représentants de la gendarmerie, de la police, de l’éducation nationale, de la santé, mais aussi avec le procureur adjoint, la présidente du Tribunal de grande instance de Pontoise, et de nombreux représentants d’associations d’aide aux victimes. 

« Elle le quitte, il a la tue » : la mobilisation citoyenne s’affiche dans les rues à l’initiative de l’activiste Marguerite Stern, comme ici à Argenteuil. Crédits photo :  Valérie Police

Chargée par la majorité parlementaire de mener un audit des enjeux et bonnes pratiques sur le territoire national, la Députée Fiona Lazaar a déclaré suite à cette première réunion de travail : « Je tiens à saluer le fort engagement de tous les acteurs de notre territoire. Les violences conjugales sont malheureusement une réalité dans le Val d’Oise, avec une recrudescence ces dernières années qu’il faut à tout prix enrayer. Ce jeudi, nous avons pu évoquer avec sincérité les difficultés, réelles, mais aussi partager de nombreuses bonnes pratiques et pistes d’action concrètes. Les acteurs du Val d’Oise sont prêts à aller plus loin dans la lutte contre les violences conjugales et pour cela, ce dialogue et cette coordination sont nécessaires. » 

La Députée du Val d’Oise continuera ces prochaines semaines d’aller à la rencontre des acteurs locaux, en particulier en Ile-de-France, dans le cadre de la mission qui lui a été confiée par la majorité parlementaire pour alimenter de constats et propositions concrètes le Livre Blanc qui sera remis par la majorité au Gouvernement début novembre. 

Dans le Val d’Oise, une recrudescence des violences 

Lors de ce Grenelle, un tour de table des participants a permis d’établir un diagnostic plus précis de la situation dans le Val d’Oise, où les signalements de violence sont en hausse ces dernières années (+17% en commissariat et +34% en gendarmerie). Une tendance que confirment également les acteurs associatifs : le CIDFF a ainsi, par exemple, reçu plus de 2600 femmes en 2018 dont la moitié pour des cas de violences conjugales, un chiffre en augmentation de 26%. 

Des premières pistes d’actions dégagées : formation, ordonnances de protection, renforcement des équipes psycho-sociales … 

Cette année, 3 femmes ont ainsi été tuées dans le Val d’Oise. « Il faut un sursaut collectif », a déclaré la Députée, qui ajoute suite à cette réunion de travail : « Nous avons constaté ce jeudi que beaucoup d’initiatives et d’outils pertinents étaient là mais que, trop souvent, ils n’étaient pas utilisés à leur plein potentiel. Faire fonctionner l’existant doit être la priorité !»

En effet, la Députée précise que « même si notre territoire reste un territoire moteur, seules 53 ordonnances de protection ont été prononcées dans le département cette année, ce qui reste trop peu. Il faut davantage utiliser cet outil qui reste sous-exploité, tout comme le Téléphone Grave Danger (sur 28 téléphones disponibles dans le département, 15 ont été déployés) ou le dispositif Victime Gravement Traumatisée. »  

Les échanges ont par ailleurs permis de dégager des leviers d’action : la responsabilisation de l’ensemble des acteurs (médecins lors des consultations, taxis qui doivent accepter les bons pour se rendre sur les unités médico-judiciaires, témoins et proches…), l’accompagnement psychiatrique des victimes et des auteurs de violences, ou encore la mise en place du bracelet anti-rapprochement demandée depuis plusieurs mois par les acteurs du territoire. Un dispositif « qui sera mis en oeuvre ces prochains mois suite à l’initiative de la Présidente du TGI de Pontoise et du Procureur, que j’ai largement soutenue auprès du  Gouvernement », rappelle Fiona Lazaar. 

Dans les Commissariats, les équipes psycho-sociales sont également un enjeu particulièrement important : leurs statuts, leur financement sont très variables en fonction des territoires ce qui a pour résultat d’amener des « disparités territoriales importantes ». « C’est un sujet sur lequel j’interrogerai le ministre Christophe Castaner la semaine prochaine à l’Assemblée nationale, car c’est ressorti comme un point important d’amélioration », a précisé la Députée.  

Fiona Lazaar a insisté : « la prévention et la formation des acteurs sont le nerf de la guerre contre les violences conjugales. On m’a confirmé ce jeudi que les référents égalité que nous avons avons décidés sont bien mis en œuvre dans chaque établissement scolaire : je m’en réjouis car il faut diffuser une culture de l’égalité dès le plus jeune âge. 

Sur le volet formation, une militaire formée et spécialisée s’occupe de la formation des gendarmes et concernant les policiers une deuxième formation se tiendra le mois prochain. C’est essentiel pour qu’aucune femme victime de violence ne se voit refuser une  plainte et puisse bénéficier de l’accompagnement nécessaire lorsqu’elle donne l’alerte. »

Sur le terrain, face au fléau des violences conjugales, les acteurs du Val d’Oise restent mobilisés et portent de nombreuses initiatives que la Députée a tenu à saluer. Les associations notamment y jouent un rôle important via des actions contre la récidive (Espérer 95), la création de groupes de parole et la mise à disposition de solutions d’hébergement (Du côté des femmes), ou encore en luttant contre les mariages forcés et crimes « d’honneur » (Voix de femmes). 

« Le Val d’Oise peut devenir un moteur, un exemple, dans la lutte contre les violences » estime la Députée. « La réunion de ce jeudi l’a montré : les idées, les solutions, existent. Nous avons trois mois avec ce Grenelle pour déboucher sur un big bang de la protection des victimes. Nous ne lâcherons rien et je sais pouvoir compter également sur l’implication des citoyens de notre territoire qui sont très mobilisés et attendent avec raison des réponses fortes et immédiates ! » 

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