Le temps de l’apaisement et du dialogue.

La colère qui s’exprime depuis plusieurs semaines vient de loin. Des Français ont le sentiment d’être le dos au mur, n’arrivent pas à boucler les fins de mois, redoutent un déclassement. Ces enjeux, ce sont ceux que nous avons dénoncé en 2017. Il faut y répondre, plus vite et en associant mieux les Français. 

Une colère qui vient de loin

Aujourd’hui, les Français n’attendent pas un changement de cap, mais des résultats, plus vite, plus tangibles. Ils ne réclament pas plus qu’hier le revenu universel de Benoit Hamon, la hausse de la TVA de François Fillon, le retour au Franc de Marine Le Pen ou les 100 milliards d’euros de taxes en plus proposées dans le programme de Jean-Luc Mélenchon. 

Le constat de cette crise profonde c’est celui que nous avons fait durant les élections présidentielles et législatives, qui a nourri le projet qui a porté le Président de la République et la majorité aux responsabilités. Ce constat d’échec, aux responsabilités partagées, motive les transformations du pays que nous avons engagées pour que le travail paie mieux, pour que se loger soit plus simple, pour que la pauvreté ne se transmette pas en héritage. 

Ne pas avoir la mémoire trop courte

Mais les Français n’en peuvent plus d’attendre. Ils veulent des résultats plus rapides pour répondre à cette urgence sociale, que des générations d’hommes politiques ont dénoncé sans y répondre une fois aux manettes : le pouvoir d’achat, la justice territoriale et sociale, le fonctionnement de nos institutions…

La “fracture sociale”, c’était le slogan de campagne de Jacques Chirac, en 1995. Plus de 20 ans après, les oppositions soufflent sur les braises d’échecs qui sont en grande partie les leurs. En politique y compris, il ne faut pas avoir la mémoire courte. 

Rien n’est nouveau mais les Français le disent désormais haut et fort. 

Le cap est le bon, mais la méthode doit évoluer

Répondre à ces difficultés du quotidien pour les Français, c’est le ciment du projet que nous avons proposé aux Français.

Après 18 mois, notre bilan n’est bien sûr pas parfait – aucun ne l’est. Nous n’avons surtout fait encore qu’une partie du chemin : les réformes de fond que nous portons depuis 18 mois mettent parfois du temps à montrer leurs résultats alors qu’elles vont dans le bon sens. Il faut entendre l’impatience des Français et accélérer. 

Au-delà du fond, les Gilets jaunes expriment aujourd’hui le besoin de changer de méthode : plus d’écoute, plus de dialogue, plus d’humilité, plus de concertation. Le message a été reçu par les parlementaires : nous sommes engagés sur le terrain, au contact des citoyens, et une partie de notre mission est déjà de faire le lien entre les habitants et le pouvoir exécutif. Nous allons continuer à le faire, et sur la méthode il va falloir démontrer notre capacité à fonctionner différemment : la concertation, l’écoute, la co-construction, c’est notre ADN.  

Etape 1 : apaiser. Etape 2 : construire ensemble. 

La première condition pour répondre à ces urgences, c’est d’apaiser la situation. Les violences qu’a connu notre pays notamment samedi dernier sont intolérables.  Elles sont intolérables pour les commerçants, dont le moyen de subsistance a été attaqué. Elles sont intolérables pour nos institutions et pour notre démocratie, qui doivent être préservées. Elles sont intolérables pour nos forces de l’ordre, pour les citoyens, qui ont été blessés et qui ont perdu pour certains la vie. Elles sont intolérables aussi vis-à-vis des Gilets jaunes pacifistes et de bonne foi qui ont le droit d’exprimer en sécurité leurs revendications.

La colère est légitime dans notre démocratie, pas la violence. Ce n’est pas la violence qui règlera le problème des fins de mois difficile. Je veux condamner avec la plus grande fermeté les violences qui ont eu lieu samedi, notamment à Paris, et qui ont visé des Français, des commerçants, nos forces de l’ordre, et les symboles de notre République, de notre Histoire, à travers notamment le saccage de l’Arc de Triomphe où est ravivée chaque jour depuis 1923 la flamme du Soldat inconnu. 

Des premières mesures annoncées aujourd’hui

S’il faut la plus grande fermeté vis-à-vis de ces minorités qui agissent avec pour seul objectif de détruire, il est nécessaire d’apaiser la situation en envoyant un message clair à nos concitoyens qui sont confrontés à un malaise réel : les écouter plus, les écouter mieux, leur apporter des solutions plus concrètes.

Le Premier ministre a fait aujourd’hui des annonces qui visent à rétablir ce dialogue en apportant des réponses aux demandes initiales des Gilets jaunes : 

  • la suspension pour 6 mois de la hausse sur la taxe carbone sur l’essence, le fioul et le diesel ;  
  • la suspension pour 6 mois de la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l’essence
  • la suspension pour les professionnels de l’alignement sur la fiscalité des particuliers de la fiscalité du gazole des entrepreneurs non routiers (le GNR). 

A ces mesures qui répondent aux revendications originelles des Gilets jaunes, s’ajoutent par ailleurs : 

  • la suspension pour 6 mois de l’entrée en vigueur des nouvelles modalités du contrôle technique qui comportait un risque de le rendre plus cher pour les particuliers ; 
  • pas d’augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz jusqu’au premier mars, et donc notamment durant l’hiver. 

Une grande concertation, sur le terrain, pour construire ensemble les solutions

Ces mesures, c’est la condition de l’apaisement et le préalable à une grande concertation qui, elle, doit répondre aux sujets de fond : l’écologie, la justice fiscale, la solidarité, la justice territoriale. Il ne s’agit pas de reculer, mais de mieux associer les Français et tous les territoires.

Cette concertation se déroulera du 15 décembre au 1er mars et elle aura avant tout lieu sur tous les territoires. Elle devra permettre, en associant chacun de la manière la plus étroite possible, de construire des solutions pour répondre plus efficacement aux attentes des Français. Je m’y engagerai au niveau de notre territoire.  

Les mesures annoncées aujourd’hui sont le signe non pas d’un renoncement, mais de notre volonté à aller de l’avant, pour et avec les Français.

Pour ma part, j’ai proposé aux Argenteuillais et Bezonnais qui m’avaient contacté ces derniers jours un moment d’échange en fin de semaine, auquel j’ai convié par ailleurs des Lycéens de notre territoire. Une démarche que je souhaite mener avec ce même état d’esprit d’ouverture, de dialogue, de respect, et que je souhaite renouveler de manière plus régulière pour échanger sur l’actualité, sur nos enjeux, et travailler davantage avec vous aux solutions. 

N’hésitez pas à prendre contact avec moi pour y être associés. Je transmettrai le fruit de nos échanges au Premier ministre.

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