Obligation de formation jusqu’à 18 ans : stop au décrochage !

Le Plan de lutte contre la pauvreté annoncé la semaine dernière, d’une ambition sans précédent, s’appuie sur une approche différente et prend l’enjeu de la pauvreté dans le bon sens : l’objectif n’est pas de faire en sorte que l’on vive “un peu mieux” dans la pauvreté, mais que l’on puisse sortir de la pauvreté, et ne pas y tomber. 

Parmi les mesures phares annoncées, le Président a annoncé l’instauration d’une obligation de formation jusqu’à 18 ans pour tous les jeunes. Cette mesure, qui s’appuie sur la proposition que nous avions formulée mi-mars avec Antoine Dulin, part d’un constat simple : la société a changé et il n’est plus possible d’avoir 100 000 jeunes qui décrochent de l’école chaque année. 

Depuis 1959 et l’instruction obligatoire jusque 16 ans, la société a changé 

En 1959, avec l’ordonnance Berthoin, l’instruction devenait obligatoire jusqu’à 16 ans. Depuis, rien n’a bougé. 

En 1959, le taux de chômage était inférieur à 2,5%. L’accès au marché du travail pour les jeunes était plus simple. La structure du marché du travail et les besoins des entreprises, des artisans, des administrations étaient différents. 

Le monde a changé depuis. Le niveau de formation a augmenté, avec lui les exigences des employeurs. Les métiers évoluent. Certains de plus en plus vite. 

Ainsi, nous avons toujours en France 100 000 décrocheurs par an, qui lâchent le système scolaire et dont plus de la moitié n’ont que 16-17 ans. 

Le rapport que nous avons remis avec Antoine Dulin à la ministre des Solidarités et de la Santé le 15 mars dernier

Premier enjeu : revaloriser la formation professionnelle

Un premier enjeu, c’est de comprendre que pour s’intégrer dans la société, pour s’émanciper, il n’y a pas que le chemin de l’école et des études supérieures. C’est pourquoi nous avons tenu à revaloriser les formations professionnelles, l’alternance, l’apprentissage

Il n’y a pas de voie supérieure à l’autre, juste des profils et des attentes différentes de la part des jeunes. 

Ne laisser personne sur le bord de la route 

Forts de cette conviction, notre proposition avec Antoine Dulin était de rendre obligatoire la formation jusqu’à 18 ans, et pas seulement l’instruction : écoles de production, micro-lycées, formation professionnelle … les options sont nombreuses pour les jeunes. 

Elle se base aussi sur le constat que, dans les faits, la pauvreté est aujourd’hui un cul-de-sac : il faut 6 générations pour sortir de la pauvreté. 

Quand on est pauvre, il est très difficile d’en sortir ce qui rend plus importante encore la question de la formation et des compétences

La presse en parle 

Cette mesure a été bien accueillie par les acteurs de terrain, notamment parce que c’est avec eux que nous avons construit cette proposition, dans le cadre du groupe de travail que nous avons mené avec Antoine Dulin, Vice-Président du CESE. 

Dans ce cadre, je m’étais également largement entretenue avec les acteurs locaux de l’emploi et de l’insertion à Argenteuil et Bezons : la mission locale, pôle Emploi qui faisait partie de notre groupe de travail …

La mise en oeuvre de cette mesure est prévue pour la rentrée 2020, comptez sur moi pour continuer à suivre de très très près ce sujet ! 

CANAL+ consacre un reportage à la proposition que nous avions faite et qui a été retenue dans le Plan pauvreté dévoilé…

Publiée par Fiona Lazaar sur Vendredi 14 septembre 2018

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