De la “motion” à la “lotion” de censure : l’art de se faire mousser en politique

Il y a des formes de rassemblement qui interrogent. Les partis de gauche et de droite, en choeur avec le Front National de Marine Le Pen, défendent aujourd’hui à l’Assemblée nationale deux motions de censure. Une initiative parlementaire permise par la Constitution qui vise, en cas d’adoption de la motion à la majorité absolue, à renverser le Gouvernement ce dernier étant responsable devant le Parlement.

Depuis 1958, une seule motion de censure a été adoptée. C’était en 1962, au sortir de la guerre d’Algérie, dans un contexte de vifs débats autour de la possibilité d’élire le Président de la République au suffrage universel direct. Le Gouvernement de Pompidou est renversé et ce dernier contraint de démissionner. Il va s’en dire, qu’en 1962, la République vit un tournant qui va transformer durablement les institutions.

Aujourd’hui, le contexte est bien différent. La gauche et la droite déposent deux motions qui se ressemblent comme une goutte d’eau, motivées par une affaire d’été qu’elles voudraient bien transformer en “affaire d’État”. Pas de crise institutionnelle, pas de crise politique mais ici une bien singulière appréciation du rôle de la mission des représentants de la Nation.

L’affaire Benalla est grave. Les faits reprochés me choquent. Depuis les révélations, 3 enquêtes ont été diligentées et une mission confiée au secrétaire général de l’Elysée. Il faudra donc tirer les conséquences des inconséquences de M. Benalla.

Mais cet opportunisme politique et ces alliances de circonstance ne montrent, et c’est dommage, qu’une seule chose : la volonté de ronger l’os jusqu’au bout. A défaut d’avoir un projet politique à proposer, certains voudraient voir des têtes tomber. Funeste projet qui réduit l’opposition dans un bien modeste rôle, alors que son travail quand il est sérieux est utile à la marche du pays : des propositions de loi issues des autres partis de l’hémicycle sont adoptées, elles bénéficient à tous. Des amendements sont adoptés, ils bénéficient à tous. Ce travail de fond, il est moins spectaculaire mais il paie !

La motion de censure, ce n’est pas un gadget politique et un prétexte à s’offrir des tribunes et des points dans les sondages. Je serai cet après-midi dans l’hémicycle.

“L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant”, écrivait René Char. N’en déplaise aux pompiers pyromanes, la République tient toujours et nous continuons à travailler pour le pays : ces dernières semaines et cette semaine encore avec les projets de loi avenir professionnel, asile immigration intégration, lutte contre les violences sexistes et sexuelles, lutte contre les rodéos sauvages, caméras mobiles …

Comptez sur moi pour continuer à m’y investir pleinement.

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